Mimmo Cuticchio, metteur en scène

©Maroussia Podkosova

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Mimmo Cuticchio naît en 1948, quand son père Giacomo, marionnettiste ambulant s’établit à Gela, province de Caltanissetta en Sicile. Son enfance est marquée par le monde fantastique de l’opéra. Tout en recevant une éducation marquée par un respect absolu de la tradition, il doit affronter une réalité de plus en plus étrangère aux valeurs de la culture populaire. Sa biographie est traversée par des expériences et des rencontres importantes, comme celle avec Salvo Licata, qui le soutiendra dans sa recherche obstinée d’une « vie contemporaine » avec l’« opéra des pupi ».

En 1967, se trouvant à Paris avec son père, il décide d’y rester et dirige pendant quelques mois un petit théâtre de pupi où il réalise entre autres Tullio Frecciato, à partir d’un ancien canevas de l’œuvre. Mimmo Cuticchio a du mal à supporter la discipline paternelle et cela va au-delà d’un simple conflit de générations. Au début des années 1970, il reconnaît comme nouveau maître le marionnettiste et conteur Peppino Celano, qui lui permet d’atteindre une conscience personnelle et une maturité expressive.

À la mort du maître, Cuticchio se consacre à son propre petit théâtre qui ouvre en 1973 et écrit en même temps son premier scénario, Giuseppe Balsamo, Conte di Cagliostro. En 1977, il fonde sa compagnie «Figli d’Arte Mimmo Cuticchio», avec laquelle il réalise ses premiers spectacles importants parmi lesquels L’infanzia di Orlando (1990), Don Turi e Ganio di Magonza (1994).

En 1989, commence pour lui une période d’équilibre entre la prise de distance et l’absence de détachement du patrimoine dont il est le dépositaire. La technique du marionnettiste, la solitude de l’artiste mal compris, les personnages de ses histoires, les ombres qu’ils projettent dans le vécu d’un homme d’aujourd’hui, se croisent comme dans le meilleur théâtre poétique.

Son parcours est désormais tourné vers une « refondation » du théâtre des pupi. Naissent ainsi les spectacles Visita guidata all’Opera dei pupi, Francesco e il sultano, L’Urlo del Mostro, et certaines « soirées spéciales » qui unissent les modèles du conte et de l’opéra traditionnel à un engagement citoyen et artistique, reflet de la société contemporaine. Parallèlement, Cuticchio développe un parcours sur le théâtre musical en réalisant un mélange théâtral pour pupi, acteurs et musiciens, entre marionnettes et opéra : Le combat de Tancrède et Clorinde (1990), une participation au Tancrède de Rossini pour le Staatsoper de Berlin (1994), Tosca (1998), Manon (1999), La terrible et épouvantable histoire du prince de Venosa et de la belle Marie (1999) sur une musique de Salvatore Sciarrino, Macbeth (2001), Don Giovanni à l’opéra des Pupi (02), sur une musique de Mozart, La Rotta di Moby-Dick (2003), El retablo de Maese Pedro (2004), musique de De Falla, Aladin de toutes les couleurs et La redécouverte de Troie (2007) etc.

En 1997, il fonde et dirige à Palerme la première école pour marionnettistes (pupari) et conteurs à l’intérieur de laquelle il dirige des laboratoires sur la narration et sur le théâtre des pupi.

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