Cie Lemon Fracas – sortie de résidence 03/06/16 à 11h

La compagnie Lemon Fracas invite à une sortie de résidence le vendredi 03 juin 2016 à 11h autour de l’aventure chantée «D’une Alice à l’autre».
L’occasion pour l’Arcal de retrouver une nouvelle fois cette saison Sigrid Carré-Lecointre, Agathe de Courcy et Sarah Dupont d’Isigny après leur résidence en octobre 2015 au sein du collectif «Système Paprika» (voir cette résidence) avec «Psychotwist».

lemon_fracas

«D’une Alice à l’autre», l’équipe artistique :
Sigrid CARRE-LECOINTRE, dramaturgie et mise en espace
Agathe DE COURCY, mezzo-soprano
Sarah DUPONT D’ISIGNY, mezzo-soprano
Vladimir HUGOT, comédien
Nicolas WORMS, pianiste
site de la compagnie Lemon Fracas

DES LETTRES…
En 1855, Charles Lutwidge Dodgson alias Lewis Carroll fait la connaissance d’Alice Liddell.
Il vient d’être nommé maître assistant en mathématiques au très prestigieux collège Christ Church d’Oxford.
Alice est la fille du nouveau Doyen.

De sa correspondance avec celle qui dix ans plus tard inspirera son Alice au Pays des Merveilles, il ne reste plus rien, la mère de l’enfant ayant — pour une raison passée sous silence — brûlé l’intégralité des lettres signées de la main du bon vieil oncle Dodgson.

Il faudra donc aller piocher dans ces courriers envoyés à cette Mme Hargreaves qu’Alice deviendra, et fort heureusement s’autoriser un détour par le « Livre des Merveilles » ou ces lettres adressées à d’autres petites filles, et qui sont autant de diamants bruts.

Des petits paradis illogiques, ou trop logiques justement — tellement logiques qu’ils en sont fous, et libres.

Parce qu’ouvrir la porte du monde merveilleux de Lewis Carroll, c’est accepter de glisser au terreau de l’enfance, et d’emprunter à reculons les méandres sinueux d’un imaginaire qui s’invente.

De Fauré à Bolcom en passant par Poulenc, Ravel ou encore Britten, la Mélodie française et les Cabaret Song’s offriront un écrin malicieux à cette rêverie fantaisiste…

…AU CONCERT-LECTURE
Il est de ces œuvres jumelles qui grandissent côte à côte et s’ignorent, jusqu’à ce qu’on se décide à provoquer leur rencontre. Ainsi, les correspondances sont nombreuses entre l’univers fantastique de Lewis Carroll et celui du Ravel de « l’Enfant et les Sortilèges » par exemple, ou bien du Poulenc de « La Courte Paille ».

Comme autant de clins d’œil, d’espiègleries rousses ou d’invitations au voyage, chacune de ces correspondances nous ont conduit à inventer un dialogue imaginaire entre les lettres et les notes; les mots, les chiffres et la musique, les sons et le langage — pour construire un vaste terrain de jeux où les routes sont de sables mouvants, les petites filles « de sucre et d’épices » ; et où des histoires « à-dormir-debout » à l’instant d’apparaitre, se perdent en allusions trompeuses, s’évanouissent — réinventent les codes mêmes de leur propre narration.

La logique de Lewis Carroll n’est pas linéaire, elle est architecturale. Jusqu’à l’absurde, elle procède par avalement.
Elle embrasse la réalité, la prémâche et la recrache sous forme de monde merveilleux.
Tenter de rendre la complexité ludique de la pensée Carrollienne incite donc à écrire par résonance ou collage — de manière quasi synesthésique. Et c’est à cet endroit que la musique joue sa carte maîtresse. Art de l’empreinte et l‘architecture spatio-temporelle par excellence — elle devient le moyen rêvé de construire ces imbrications gigognes; ces glissements narratifs, transitionnels ou illustratifs d’un espace-temps à l’autre, d’un univers fictionnel à l’autre..
Le moyen aussi de tordre si bien le sens et les contours poreux du réel, que l’invention a tout d’abord lieu dans le geste d’être là, ensemble à partager ce concert- lecture comme une taquinerie de plus.

Suivez le lapin blanc! Il vous mènera tout droit à la table du chapelier… A moins que, rappelé à l’ordre par la plume autoritaire de son auteur, il ne vous conduise sans détour dans l’antre tortueux de Lewis Carroll…

DES COMPLICES DE CHOIX
Pour accompagner cette aventure chantée, le comédien Vladimir Hugot et le pianiste Nicolas Worms ont rejoint le duo Mezzo /// Mezzo… L’ « abracadrabrantesque » du premier et l’ «absurderie» du second saupoudrant de leurs touches acidulées la folie douce de ce récital un peu particulier…

Come, see, and feel good!