«J’ai voulu recréer cet univers où humains et animaux se mélangent» – L’Est Républicain

L’Est Républicain / «La Petite Renarde rusée» au Théâtre Ledoux
Par Eric Daviatte.

Article paru le mercredi 09 mars 2016.

Mme Pasek, Instituteur, Garde-chasse

Mme Pasek, Instituteur, Garde-chasse

Le titre de l’opéra pourrait faire penser à un spectacle pour enfants. Mais « la Petite Renarde rusée », du tchèque Leos Janacek, est avant tout une œuvre qui troublera plus d’un adulte. Se basant sur le conte d’une renarde apprivoisée petite par un garde-chasse et faisant le choix de la liberté quel qu’en soit le prix ; le compositeur a composé une œuvre traitant de la liberté. De toutes les libertés. Être libre, c’est briser ses chaînes. Être libre, pour Leos Janacek, c’est aussi faire le choix de l’animalité qui est en nous, renouer avec la part sauvage de son moi profond.

Mélange des genres

Pour mettre en scène cette création, l’Arcal a choisi Louise Moaty. Elle est partie de la génèse de cet opéra, histoire populaire en Moravie et qui fut un feuilleton illustré de l’écrivain tchèque Rudolf Tesnohlídek sur les dessins du peintre Stanislav Lolek. « J’ai voulu recréer cet univers où humains et animaux se mélangent. C’est pour cette raison j’ai voulu jouer avec le corps des chanteurs, avec des marionnettes. » Et pour que la note impressionniste soit plus efficace encore, Louise Moaty a marié le tout avec de la peinture, un film d’animation. « La Petite Renarde rusée se voit comme un film qui se déroule en direct. »
Mélanger les genres, mélanger les disciplines, voilà la bonne idée de cette mise en scène qui appuie cette ode musicale à l’émancipation. Mais l’invention de Louise Moaty est aussi et avant tout au service de la partition. Leos Janacek a en effet écrit une musique, véritable bande-son autour des saisons qui passent.

Pour faire vivre cette musique, Arcal avait choisi TM+, ensemble orchestral de musique d’aujourd’hui dirigé par Laurent Cuniot. Mais, pour la représentation bisontine, le chef ne sera pas avec ses musiciens mais avec ceux de l’orchestre symphonique Victor-Hugo Franche-Comté. « C’est toujours intéressant d’aller à la rencontre des autres, de dialoguer, de partager et d’avoir un nouveau regard sur la création. »

À ne pas manquer, donc. « La Petite Renarde rusée » est aux portes de la Comté le 16 mars, pour tous et plus spécialement les étudiants qui pourront y aller gratuitement. En partenariat avec Les 2 Scènes, dans le cadre de l’opération « Étudiants à l’Opéra ! », la Caisse des dépôts régale. Comment ? Sur simple présentation de leur carte, et dans la limite des places disponibles, les étudiants n’ont pas à payer.

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