Chimène ou Le Cid

Opéra de chambre / tragédie lyrique française
Musique d'Antonio Sacchini (Fontainebleau, 1783)
Texte de Guillard d'après Corneille

Mise en scène Sandrine Anglade
Direction musicale Julien Chauvin
& Le Concert de la Loge

Présentation

L’Arcal poursuit sa recherche sur les œuvres lyriques de la fin du XVIIIe siècle, dont on ne connaît qu’une infime partie. Cette période-charnière est particulièrement intéressante car c’est un moment où un esprit nouveau souffle, expérimentant de nouvelles formes, tant au plan politique qu’artistique.

Un des endroits particulièrement féconds est Paris, où, devenue reine en 1774, la jeune autrichienne Marie-Antoinette, peu habituée au style lyrique français, invite des compositeurs étrangers (autrichiens avec Gluck ou italiens avec Piccini et Sacchini – Napoléon prenant la suite en nommant Cherubini directeur du Conservatoire). Ce sont eux qui vont revivifier la tragédie lyrique française baroque en y apportant des éléments de leur grammaire et en préfigurant la période romantique, faisant de Paris un des plus grands centres musicaux d’Europe à cette époque.

Avec ses partenaires musicologues et musiciens (Le Centre de Musique Baroque de Versailles et le Concert de la Loge Olympique), l’Arcal a passé de nombreuses partitions au crible. Dramatiquement et musicalement jugée la plus intéressante, la partition de Chimène ou Le Cid de Sacchini, qui sera une redécouverte car elle n’est ni éditée ni enregistrée, a été choisie.

Avec Chimène ou le Cid, l’Arcal se penche sur la tragédie lyrique, genre spécifiquement français, inventée par un Italien au 17e siècle (Giovanni Battista Lulli devenu Monsieur de Lully) en parallèle à la tragédie classique de Racine et Corneille : au contraire de l’opéra italien mettent en valeur le chant virtuose, elle vise à mêler tous les arts : musique, chœurs, théâtre, danse, décors, costumes, machinerie, lumières…

Un siècle et demi après la tragédie classique déclamée Le Cid de Corneille (1637) et un siècle après la première tragédie lyrique – ou « tragédie mise en musique » (en 1673 avec Cadmus et Hermione de Lully sur un texte de Quinault) toutes deux nées sous Louis XIV, on a changé de roi et d’époque : en 1783, c’est un autre italien, Antonio Sacchini, appelé à Paris par Marie-Antoinette, qui met en musique Chimène ou Le Cid, mêlant les éléments de la tragédie lyrique française à la vivacité italienne.

Sandrine Anglade à la mise en scène, riche de son travail récent sur la pièce de Corneille, s’attellera à la perspective propre à cette version opératique, innervée par la direction musicale de Julien Chauvin, à la tête de l’orchestre Le Concert de la Loge Olympique, très remarqué pour sa vivacité du travail musical sur Armida de Haydn avec l’Arcal.

Fait avec Padlet

Note sur l’œuvre

par Julien Chauvin, direction musicale

Antonio Sacchini, compositeur italien estimé en Europe à la fin du 18ème siècle, applaudi à Paris pour son opéra l’Amore Soldato, est contraint de quitter Londres en 1781, ville qui l’a rendu célèbre. Il arrive ainsi à Paris peu après le terme de la querelle des Glückistes et des Piccinistes qui fit rage à la fin des années 1770.

Son premier opéra « parisien », Renaud, est très vite suivi d’une œuvre qu’il affectionne particulièrement et qu’il a déjà donnée en partie sur les scènes romaines et londoniennes: Chimène ou Le Cid. Cette œuvre, remaniée par le librettiste Guillard va prendre les accents à la française et le musicien va mettre toute son énergie pour faire une place centrale au chant et à la mélodie mais sans négliger la trame théâtrale que lui imposera Guillard.

L’opéra, qui fut un des opéras favoris de Marie-Antoinette, sera joué 57 fois à l’Académie Royale de Musique et attestera du goût des parisiens pour ce type de récits héroïques et historiques.

L’œuvre, d’une fluidité rare, alterne avec une grande habileté les récits (systématiquement accompagnés par l’orchestre, qui colore d’une palette infinie les émotions), les duos, les trios et les chœurs. Renouvelant sans cesse la forme des airs, et en créant un fil rouge entre les protagonistes, le chœur et l’orchestre, Sacchini apporte à Paris des procédés de composition modernes et novateurs qui resteront dans les mémoires.

Le Mercure de France écrivait en 1783 : « Nous ne connaissons pas d’autre opéra où il y ait tant d’airs d’une belle composition, d’un chant agréable, pur et sensible, d’un effet d’harmonie plus piquant et plus neuf. »

Argument

L’action commence au moment où Rodrigue revient après s’être soustrait à la poursuite de Chimène, dont il a tué le père il y a déjà beaux jours. Le temps n’a affaibli ni l’amour, ni la haine de Chimène. Le roi vient pour la consoler et se trouve en face d’une femme qui réclame encore vengeance. Quand Rodrigue se présente à elle, constatant que l’honneur les sépare mais incapable de le tuer comme il le lui réclame, elle le chasse. Les Maures menacent de prendre la ville pendant la nuit. Don Diègue et ses amis courent aux armes. Rodrigue, cherchant la mort, arrive et se met à leur tête.

Au début du second acte, le peuple, épouvanté de l’approche des Maures, cherche un refuge dans le palais du roi.  Mais c’est Rodrigue qui revient vainqueur. Chimène persiste toujours dans son projet de vengeance. Les chevaliers se disputent l’honneur de la défendre en champ clos : elle choisit Don Sanche.

Au troisième acte, Rodrigue veut se laisser terrasser sans combat, lorsque Chimène lui ordonne de vaincre pour obtenir sa main : voyant Don Sanche revenir du duel, Chimène laisse éclater ses vrais sentiments avant de comprendre que Rodrigue, vainqueur, a épargné son rival.

Distribution

CHIMÈNE OU LE CID / Recréation en première mondiale


Tragédie lyrique en trois actes d’Antonio Sacchini (1730-1786)
sur un livret de Nicolas-François Guillard (1752-1814)
d’après la tragédie Le Cid (1637) de Pierre Corneille (1606-1684)
Création au Théâtre de la Cour à Fontainebleau le 18 novembre 1783

Une création de l'Arcal, cie nationale de théâtre lyrique et musical
en collaboration avec le Centre de musique baroque de Versailles


mise en scène : Sandrine Anglade
direction musicale : Julien Chauvin
orchestre : Le Concert de la Loge

direction artistique Arcal : Arcal - Catherine Kollen
direction artistique CMBV : Benoît Dratwicki
partition : Centre de musique baroque de Versailles
chœur : Les Chantres du CMBV
direction chœur : Olivier Schneebeli
scénographie : Mathias Baudry
lumières : Caty Olive
costumes : Cindy Lombardi
maquillage : Elisa Provin
collaboration dramaturgique : Claude Chestier
collaboration artistique & mouvements : Pascaline Verrier
assistante mise en scène : Marine Bellier-Dézert
chef de chant : Frédéric Rivoal

distribution des chanteurs

Agnieszka Sławińska, soprano : Chimène, amante de Rodrigue
Artavazd Sargsyan, ténor : Rodrigue, Le Cid, gentilhomme castillan
Enrique Sánchez-Ramos, baryton : Le Roi de Castille
Matthieu Lécroart, baryton : Don Diègue, père de Rodrigue
Jérôme Boutillier, baryton : un hérault d’armes
François Joron, taille : Don Sanche, amoureux de Chimène
Eugénie Lefebvre, soprano : une coryphée

Les Chantres du CMBV (12 choristes)
soprano : Anne-Marie Beaudette, Marie Favier, Eugénie Lefebvre
haute-contre : Jean-Sébastien Beauvais, Paul-Antoine Bénos-Djian, Florian Ranc
taille (ténor) : Benjamin Cohen, Edouard Hazebrouck, François Joron
baryton : Lucas Bacro, David Witczak, Vlad Crosman

Concert de la Loge - 23 musiciens
1er violon : Sabine Stoffer ou Varoujan Doneyan
6 violons 1 : Raphaël Aubry, Marieke Bouche, Pauline Fritsch, Saori Furukawa, Solenne Guilbert, Anaïs Perrin
5 violons 2 : Lucien Pagnon, Blandine Chemin, Laurence Martineaud, Sayaka Ohira, Pierre-Eric Nimylowycz, Pauline Fritsch
2 alti : Marie Legendre, Cécile Brossard
3 violoncelles : Julien Barre, Pierre-Augustin Lay, Emily Robinson
1 contrebasse : Christian Staude
1 basson : Josep Casadella i Cunillera
2 hautbois : Laura Duthuillé, Xavier Miquel
2 cors : Nicolas Chedmail, Christoph Thelen

Equipe technique Arcal
Alain Deroo (régisseur général), Ugo Coppin (régisseur lumière), Rémi Remongin (régisseur plateau), Elisa Provin (habilleuse), Laure Martigne (surtitrage)

Fabrication des costumes
Cindy Lombardi, Brice Wilsius, Océane Gerum, Emeline Porcu, Sophie Grosjean, Coline Bavois
avec les stagiaires : Meganne Malvas, Ninon Exertier, Joanne Haennel, Hortense Gayrard

Disponibilité

Disponibilité du spectacle
Création en janvier 2017 au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène Nationale
Disponible en avril - mai 2019

Public
Opéra chanté en français avec surtitres
Durée: ± 1h45 sans entracte
Public visé :
-adultes
-en famille à partir de 9 ans
-scolaires : collèges, lycées / CM1 et CM2 uniquement avec préparation

Spécificités techniques
orchestre sur scène
Montage la veille et le jour de la représentation (5 services de montage)
Démontage à l’issue de la représentation
Pré-fiche technique Chimène ou Le Cid
50 personnes en tournée

Production
Arcal
Coproduction
Centre de musique baroque de Versailles
Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène nationale
Soutien
Arcadi Île-de-France
LA SPEDIDAM
LA SPEDIDAM est une société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes interprètes en matière d’enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées

Intention

Par Sandrine Anglade, mise en scène



Note d'intention - janvier 2017


Chaque jour de répétition passant, avançant dans la découverte de cette œuvre de Sacchini, je me suis laissée surprendre par un style à part, l’invention d’une forme, entre l’opéra et le théâtre.


S’inscrivant dans la continuité de l’histoire de la tragédie lyrique française, Chimène de Sacchini met d’abord en avant le texte, son articulation, sa déclamation autant que son interprétation.
Une histoire s’énonce, se raconte dans les voix des acteurs-chanteurs sous-tendue par une partition d’orchestre tout en vivacité. L’agilité, la dynamique que l’Italie met d’ordinaire dans la voix, Sacchini les confie ici à l’orchestre. Les instruments semblent dès lors raconter l’agitation des cœurs, celle des combats intérieurs, alors que le texte vocal se heurte, se brise, s’interroge, se révolte, se perd, plane ou pleure, brodant, de paradoxe en paradoxe, le fil de la tragédie.


Voilà pourquoi cette interaction originale entre l’orchestre et les voix nous a conduit à imaginer les instrumentistes au cœur du dispositif, dialoguant avec les chanteurs. Donner à voir le principe même d’écriture de l’œuvre.


Une autre originalité est le choix du sujet. Le 18e siècle finissant, à l’aube de la Révolution, remet au goût du jour une œuvre littéraire et historique : Le Cid. Poème médiéval espagnol, puis tragi-comédie de Corneille, c’est Marie-Antoinette qui, faisant venir Sacchini à la cour de France, commande cette œuvre qui ne met plus en scène le héros masculin, mais s’interroge au contraire sur la tragédie du point de vue de Chimène.
Celle-ci est prise dans ce paradoxe insoutenable : venger la mort d’un père et aimer toujours son amant qui est l’assassin du premier. Sans aucun doute, en 1783, le goût pour la mise en scène des sentiments, pour le pathos font de Chimène l’héroïne idéale.
Aujourd’hui, dans la mise en perspective de l’Histoire, le drame de ce personnage résonne bien autrement. Seule femme dans un monde d’hommes, dans un monde en guerre, Chimène réclame une autre forme de justice. Non plus la justice transgressive du duel, ni une justice royale ou divine, mais bien une justice sociale. Dans sa quête vaine à faire reconnaître officiellement la culpabilité de Rodrigue, quand bien même elle en demeure amoureuse, elle devient malgré elle, comme à contrecoup, un personnage politique.
La société cédant à la raison d’état et à la violence pour sauver son intégrité nationale, elle abandonne Chimène à sa tragédie intime, irrésolue.


La date de création de l’œuvre, à la veille de la Révolution Française, la solitude de Chimène face à la pression des hommes, ont rapidement évoqué pour nous le destin de Marie-Antoinette, et particulièrement son procès bâclé, où tout fut joué d’avance. Une femme seule, en blanc, dans une robe on ne peut plus simple, face à un collège d’hommes.
Cette quête de la justice par Chimène aussi bien que le contexte d’écriture nous ont amené à faire de notre espace scénographique un tribunal métaphorique.


L’histoire de Chimène est celle d’un procès qui n’a jamais lieu.
Celui de Rodrigue, assassin du Comte Gormas, père de Chimène.

Alors que le tribunal se met en place pour comparution immédiate de l’assassin, le criminel disparaît.
Mais le monde extérieur ramène sur la scène du tribunal un contexte de guerre. La Nation en danger est sauvée par Rodrigue.


La salle du Tribunal devient l’espace de la glorification de Rodrigue, et en guise de sentence, il est exhaussé dans sa position de héros national.
Chimène continue à réclamer, auprès du Roi qui a promis justice, la reconnaissance officielle de l’acte criminel de son amant.
Elle était victime mais le contexte la désigne comme monstre, réclamant la tête du héros.
La situation se renverse. C’est elle qui est jugée. Le procès de Rodrigue devient le procès de Chimène.
Le « cas Chimène » pose une question universelle et malheureusement de tout temps à l’ordre du jour :
Que devient l’intime, l’humain, dans les conflits d’intérêts politiques et dans la violence des guerres qu’ils suscitent ?



Mettre en scène l’histoire d’une œuvre - janvier 2015



Présentation de «Chimène ou le Cid» par Sandrine Anglade à l'occasion de l'accueil du spectacle au Théâtre Roger Barat à Herblay, saison culturelle 2016-17.


Dans mon parcours, j’aime mettre en scène autant du théâtre que des opéras – y compris des comédies-ballets qui mixent théâtre et musique. Aussi j’ai été séduite et intriguée par l’idée, après avoir creusé et mis en scène Le Cid de Corneille, de travailler sur l’opéra Chimène ou Le Cid d’Antonio Sacchini, écrit près d’un siècle et demi (1783) après celui de Corneille (1636-37).


Condensation des mots et de l’intrigue, déploiement de la musique
A la première lecture du poème de Guillard, librettiste de Sacchini, j’ai été frappée par les différences au niveau de la structuration du texte, qui fait commencer l’œuvre à l’Acte III, bien après la mort du père de Chimène (était-ce dû à une familiarité du public avec l’œuvre de Corneille dont la trame était connue ?) : plus d’actes I et II, d’Infante, de Comte de Gormas (père de Chimène) déjà mort, de stances de Rodrigue, de réquisitoire de Don Diègue pour sauver son fils face à l’autorité royale… Si ensuite il suit fidèlement l’intrigue principale, le texte lui-même est condensé avec une sélection des vers de Corneille – sans doute indispensable pour laisser la place à la musique – et resserré sur 4 à 5 personnages principaux, en supprimant les intrigues parallèles, comme il était d’usage au 18e siècle, lors de la reprise de nombreux textes du 17e, pour correspondre à de nouveaux canons dramaturgiques. Par contre, cette œuvre étant destinée à l’Académie Royale de Musique, sont introduits une grande scène de chœur paniqué par l’attaque des Maures et des divertissements dansés.


Puis, en écoutant la musique de la grande scène d’explication entre Chimène et Rodrigue, j’ai été émue par l’incroyable force et la beauté qui se dégagent du rythme et des silences du récitatif avec orchestre – qui nous rendent palpables le souffle et la palpitation des protagonistes –, des couleurs de l’orchestration et des airs mélodiques, de l’élégance de la prosodie de la langue française chantée de cette façon, qui mêle la vivacité italienne à la tradition du chant à la française, épure où l’on peut toujours entendre le texte, sans les pyrotechnies vocales des opéras seria italiens.


Ainsi, pour être éloignée de la tragédie de Corneille, Chimène de Sacchini n’en propose pas moins une vision originale, fortement portée par l’esthétique et l’esprit des années 1770.


L’œuvre apparaît comme un objet singulier, « transhistorique », faisant basculer ce qui fut une tragédie épique (puisant dans les valeurs de l’ancien régime) vers un drame pré-romantique.


Ici comptent les sentiments, les tourments intérieurs, se détachant sur fond de monde en guerre (la Castille attaquée par les Maures) pour finir dans un ballet digne d’un grand final romantique.


Les méandres intérieurs
Le titre choisi raconte bien le recentrage de l’œuvre : « Chimène ou le Cid ». «Ou » de l’alternative peut être plus que de l’équivalence. Il décrit la tension entre les deux personnages principaux, mais aussi celle à l’intérieur de Chimène. Celle-ci doit choisir entre l’amour et l’honneur, dilemme irrésolvable qui est l’essence même de la tragédie.


A la lecture de l’œuvre, on ne peut se départir d’une sensation de huit-clos. Même si les chœurs ont un rôle important à jouer, ils remplissent toujours une fonction d’informateur ou de révélateur d’atmosphère générale.


Le « focus » reste dirigé sur le devenir des deux héros, et, comme pour mieux appréhender leurs méandres intérieurs, les autres personnages investissent des positions dramaturgiques volontairement univoques (la raison d’Etat pour le roi, le code de l’honneur et de la famille pour Don Diègue, le rival amoureux et politique pour Don Sanche).


Dans le travail avec les chanteurs, la pièce de Corneille devra nous servira comme une empreinte sous-jacente, pour mieux nourrir la pensée et son mode d’action.


L’envie ici est que la musique se donne à voir.
Ce qui m’apparaît passionnant ici, ce n’est pas simplement de raconter une histoire, mais de mettre en scène la construction même de l’œuvre, sa qualité d’invention, comme une sorte d’« anthropologie ».


Ce qui frappe, en premier lieu, dans la musique de Sacchini, c’est le fil qui se tend entre les chanteurs et l’orchestre. La forte présence des cordes à la vivacité dynamique invente un nouvel équilibre avec les chanteurs. J’aimerais pouvoir travailler sur ce dialogue, cette confrontation entre les interprètes et l’orchestre : mettre à jour la structure même de la musique comme l’expression de la tension des sentiments, le rythme du souffle qui anime et relie les personnages entre eux.


Aussi l’orchestre sera t-il sur scène, nécessitant, avec la complicité de Julien Chauvin, un travail de longue haleine avec les musiciens, pour parvenir à générer des rencontres, des endroits de regard, un souffle, entre les instrumentistes et les chanteurs.


Tout le dispositif scénique et lumières devra servir cette mise en œuvre. En particulier, le travail sur les lumières de Caty Olive, d’une immense créativité plastique, me semble un point central pour réinventer l’espace où se créent conjointement drame et musique.


Nous créerons donc avec Caty Olive (lumières) et Mathias Baudry (scénographie) un système d’éclairage innovant et mouvant pour l’orchestre, intégré à l’organisation de l’espace, alors que les chanteurs évolueront, par un système de croisement de passerelles, entre les musiciens réunis par pupitre.


L’orchestre deviendra un paysage mouvant, incarnant par la musique la fougue et l’héroïsme ou se mêlera avec empathie aux désordres intérieurs des deux héros.


Loin de la tragédie du pittoresque, trouver une forme de pureté du trait pour mieux faire ressentir la singularité, la force et la beauté de cette œuvre.


Dates

13 - 14 janvier 2017 vendredi 13 janvier à 20:30, samedi 14 janvier à 20:30 Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines Scène Nationale / Saint-Quentin-en-Yvelines
14 mars 2017 mardi 14 mars à 20:00 Opéra de Massy / Massy
25 - 27 mars 2017 samedi 25 mars à 20:00, lundi 27 mars à 20:00 Théâtre Roger Barat / Herblay

Ressources

  • Chimène ou le Cid : Dossier de diffusion 2018-19
  • Chimène ou le Cid : Artistic dossier 2018-19
  • Chimène ou le Cid : revue de presse 2016-17
  • Chimène ou le Cid : Dossier pédagogique réalisé par le Théâtre Roger Barat d'Herblay 2016-17
  • Chimène ou le Cid : Ecoute musicale réalisée par le Théâtre Roger Barat d'Herblay 2016-17