Argument

Deux jeunes officiers, Ferrando et Guglielmo, sûrs de la fidélité de leurs fiancées, acceptent un pari cynique :

mettre leur amour à l’épreuve. Déguisés et guidés par l’ironie de Don Alfonso et la malice de Despina, ils tenteront chacun de séduire la promise de l’autre. Sous le masque du jeu et du travestissement, les certitudes vacillent. Fidélité, désir et illusion s’entrelacent dans un laboratoire des sentiments, miroir tendre et cruel de nos propres contradictions.

Une trilogie aux résonances contemporaines

Après Don Giovanni, cette nouvelle création s’inscrit dans la trilogie que Lorenzo Da Ponte écrivit pour Mozart. Sous les apparences d’une comédie légère, Così fan tutte se déploie comme une expérience : un dispositif précis, presque implacable, qui met à l’épreuve les sentiments, les corps et les certitudes. À travers le jeu des apparences, des manipulations et des déplacements du désir, l’œuvre explore la fragilité des attachements et l’instabilité de nos engagements. Ce qui semblait solide vacille, ce qui paraissait joué devient profondément réel. Entre ironie et trouble, rire et vertige, Mozart et Da Ponte révèlent une zone plus incertaine, une vérité plus dérangeante : l’amour est un équilibre fragile/précaire, sans cesse menacé, sans cesse rejoué.

Note d’intention, par Jean-Yves Ruf

Così fan tutte,

C’est le premier opéra que j’ai mis en scène grâce à l’atelier lyrique de l’opéra de Paris. D’abord le premier acte, à Nanterre Amandiers, dans un projet expérimental présentant deux versions du même acte. Puis dans son entièreté à la MC93 Bobigny, puis repris à l’Opéra de Rennes. C’est donc l’œuvre qui m’a permis d’entrer dans le monde de l’opéra. J’ai un rapport affectif particulier avec cette œuvre, la troisième collaboration de Mozart avec Da Ponte, après Les Noces de Figaro et Don Giovanni.

Fini les personnages qui tombent des fenêtres, fini les chasses à l’homme, les fuites, les retournements. Cosi, c’est une expérience mathématique. C’est sobre, direct, imparable. Une œuvre qui cache son immense richesse, son immense profondeur, derrière un livret à l’argument apparemment mince. C’est ce qui fait l’intérêt de l’œuvre, son incomparable saveur : on croit assister à un opéra bouffe, avec déguisements et quiproquos, et l’on plonge dans une expérience profonde, abyssale, celle du mystérieux agencement de nos désirs.

Le titre est trompeur, Cosi fan tutti serait plus proche du sujet, tant l’expérience imaginée par Alfonso atteint autant les deux jeunes hommes que les deux jeunes femmes. Ainsi sommes-nous toutes et tous. Etonnés par l’étrangeté, la soudaineté et la puissance de nos désirs. Dépassés, révolutionnés, perdus. C’est ce que sondent Mozart et Da Ponte. Et la simplicité du dispositif est inversement proportionnelle à la complexité des sensations produites. Sans parler de la figure d’Alfonso, joueur, qui a imaginé ce cynique stratagème, de Despina, maîtresse des émancipations. On peut rêver longtemps sur ces figures, on n’en trouvera pas le fond. Elles débordent leur simple fonction pour interroger nos propres troubles et nos désirs de maîtrise.

Méfions-nous donc de cet opéra. Il ressemble à un bonbon suave, mais il libère des poisons capiteux et des gouffres sans fond.

Mars 2026

Distribution

Direction musicale Julien Chauvin
Ensemble Le Concert de la Loge
Mise en scène Jean-Yves Ruf
Scénographie Laure Pichat
Lumières Victor Egéa
Costumes Claudia Jenatsch
Collaboration artistique Julien Girardet
Maquillages Elisa Provin
Diction italienne Barbara Nestola
Chef de chant Félix Ramos

Avec les chanteur·euse·s solistes
NN Fiordiligi
NN Dorabella
NN Gugliemo
NN Ferrando
NN Despina
NN Don Alfonso

Le Concert de la Loge
Direction musicale et violon Julien Chauvin
Violons 1
Violons 2
Altos
Violoncelles
Contrebasse
Flûtes
Hautbois
Clarinettes
Bassons
Cors
Trompettes
Timbales
Pianoforte

Equipe technique Arcal
Direction technique / Régie générale
Régie Lumières
Régie plateau
Régie orchestre & surtitrage
Cheffe maquillage & habilleuse

Production

Production Arcal
Coproduction Athénée Théâtre Louis-Jouvet (Paris) Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines Scène nationale Le Concert de la Loge
Soutien Ministère de la Culture – Drac Île-de-France Région Île-de-France Ville de Paris

Fiche technique

environ 3h + entracte
Chanté en italien, surtitré en français
Opéra sans fosse
48 personnes en tournée

Dates

Plus de représentation à venir pour cette saison.

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