Orfeo

Opéra avec orchestre
Musique d'Antonio Sartorio
Livret d'Aurelio Aureli (1672)
Un «Orphée» inédit redécouvert par le duo Jaroussky / Lazar

Mise en scène Benjamin Lazar
Direction musicale Philippe Jaroussky
Ensemble Artaserse

Présentation

Dans les jardins de la folie d’Orphée

Opéra en trois actes, sur un livret d’Aurelio Aureli basé sur le mythe d’Orphée et Eurydice. Créé au Teatro San Salvatore de Venise en 1672. 

Ballet chatoyant des corps et des coeurs amoureux portés par la beauté de la musique, l’Orfeo d’Antonio Sartorio fait alterner atmosphères sensuelles, pathétiques, comiques et tragiques. Prenant le contrepied de Monteverdi, le compositeur nous y présente un Orphée possessif et méfiant, qui doute de l’amour d’une Eurydice luttant pour garder son amour et sa vie. C’est elle-même qui revient en fantôme pour demander à Orphée de la délivrer des Enfers. Quinze ans après Il sant’Alessio de Stefano Landi, cette fascinante production célèbre les retrouvailles du metteur en scène Benjamin Lazar et de Philippe Jaroussky. À leur suite, ils entraînent le spectateur dans le jardin de la folie d’Orphée, ces espaces intermédiaires entre vie et mort, passé et présent où Orphée et Eurydice ne cessent de se chercher et se perdre éternellement.

L’argument

A rebours de son image habituelle, Orphée est un être possessif, doutant de l’amour d’Eurydice. Aristée, frère d’Orphée, aime également Eurydice et la violence de sa passion va provoquer le drame, la morsure du serpent. Loin de la nymphe fragile, Eurydice déploie une émouvante force de caractère, revenant sous forme d’ombre pour garder son amour et sa vie.

Distribution

ORFEO


Opéra (Venise, 1672)
Musique : Antonio Sartorio (1630–1680) | texte : Aurelio Aureli
Un Orphée redécouvert par le duo Jaroussky / Lazar

Direction musicale : Philipe Jaroussky - Ensemble Artaserse
Mise en scène : Benjamin Lazar

Une création de l’Arcal, cie de théâtre lyrique et musical
direction artistique Arcal - Catherine Kollen

Scénographie : Adeline Caron
Costumes : Alain Blanchot
Lumières : Philippe Gladieux
Assistante mise en scène : Elizabeth Calleo
Diction italienne : NN
Assistant du directeur musical : NN
Assistante à la scénographie : NN
Edition de la partition à partir du manuscrit : NN

Les personnages
Orfeo (fils de Calliope et Apollon), soprano
Eurydice (Nymphe de Thrace, femme d’Orphée), soprano
Aristée (frère d’Orphée et de la nymphe Coronis, élevé par Bacchus), contre-ténor
Erinda (vieille nourrice d’Aristée), ténor
Autonoe fille de Cadmus, roi de Thèbes), soprano
Hercule (disciple de Chiron), ténor
Chiron (Centaure savant), baryton
Achille (disciple de Chiron), contre-ténor
Esculape (frère d’Orphée et Aristée, endoctriné par la médecine de Chiron), baryton-basse
Orillo (jeune berger de Thrace), mezzo-soprano

Ensemble Artaserse – 12 musiciens
2 violons + 2 cornets + Continuo : orgue, clavecin, viole, violoncelle, lirone, violone, théorbe, harpe
...
NN (violons)
NN (cornets)
NN (orgue)
NN (clavesin)
NN(viole)
NN (violoncelle)
NN (lirone)
NN (violone)
NN (théorbe)
harpe (hape)

Equipe technique Arcal | 5 techniciens
NN (régie générale), NN & NN (régie plateau), NN (régie orchestre & surtitrage), NN (maquillage/coiffage)

Disponibilité

Disponibilité du spectacle
Redécouverte en première française le 7 juin 2023 à l'Opéra de Montpellier
Disponible octobre - décembre 2023 & 2024
informations & diffusion du spectacle : contacter Catherine Kollen ou Laurence Lévi à l'Arcal

Durée du spectacle 2h30 + entracte
Tout public : adultes & en famille à partir de 12 ans
Chanté en italien surtitré en français
Spectacle avec fosse (avec orgue & clavecin)
30 artistes et techniciens en tournée / avec fosse.

Création juin 2023
Coproduction Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie, Ensemble Artaserse, Arcal, compagnie nationale de théâtre lyrique et musical
En partenariat Fondation Royaumont

Tournée 2023-24
Production déléguée Arcal, compagnie nationale de théâtre lyrique et musical
Coproduction Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie, Ensemble Artaserse
En partenariat avec Fondation Royaumont

Avec la participation artistique de NN.

Soutiens institutionnels Arcal Drac Ile-de-France - Ministère de la Culture et de la Communication, Région Île-de-France, Ville de Paris
Soutiens annuels Arcal Départements de l’Essonne, du Val d’Oise, du Val de Marne
L’Arcal est membre du syndicat Profedim, du collectif “Futurs composés”, et membre associé de la ROF (Réunion des Opéras de France). L’Arcal est en résidence de 2020 à 2023 au Centre des Bords de Marne | Le Perreux-sur-Marne.

Soutiens Ensemble Artaserse
Fondation Gisèle Tissier–Grandpierre de l’Institut de France

Intention

Note d'intention, par Benjamin Lazar


Dans le jardin de la folie d’Orphée


L’Orfeo d’Antonio Sartorio offre une toute autre image de la légende d’Orphée que l’opéra de Monteverdi. Les scènes y sont courtes, les nombreux personnages s’y succèdent à vive allure, alternant les atmosphères sensuelles, pathétiques, comiques et tragiques. Au sein de ce ballet chatoyant des corps et des cœurs portés par la beauté de la musique, l’amour circule comme une énergie noire. Le mythe est réécrit avec l’acuité clinique de l’époque moderne – à l’instar du regard sévère du personnage d’Esculape, dont le nom rappelle le médecin antique. La passion amoureuse y cause plus de douleurs que de joies : la jalousie et les frustrations y font exister l’enfer avant la mort. A rebours de son image habituelle, Orphée est un être possessif et méfiant, doutant de l’amour de son épouse. Aristeo, le frère d’Orphée, personnage emprunté à la version du mythe tel qu’il est raconté par Virgile, aime également Eurydice, et la violence de sa passion va provoquer le drame : poursuivie, Eurydice est piquée par le serpent fatal.

Loin de la nymphe fragile qui n’a pour fonction que de mourir et d’être apeurée, Eurydice est l’une des grandes réussites de cet opéra. Elle y déploie une émouvante force de caractère, luttant pour garder son amour et sa vie. C’est elle-même qui, dans une scène-clef extraordinaire, revient en fantôme demander à Orphée de la chercher aux Enfers.

Autour de ce trio amoureux, la princesse Autonoe, promise à Aristeo, joue la belle partition de la femme trahie venue reconquérir son amour en se faisant passer pour une autre.

Pour les parties comiques, les jeunes héros Hercule et Achille sont surpris comme des adolescents par les sentiments d’attendrissement et de fureur que provoque en eux le sentiment amoureux. Orillo, jeune berger voyou, a des airs d’une grande douceur mais n’hésite ni à vendre ses charmes à la vieille Erinda, ni à accepter la mission du meurtre d’Eurydice commandité par Orphée lui-même.

A cette vérité crue des passions amoureuses révélant tour à tour l’aspect comique, héroïque ou noir des personnages se mêle un onirisme mythologique : Pluton, Bacchus, Thétis et même le centaure Chiron ont leur place au milieu des mortels. Ce sont les incarnations chantantes des forces intérieures de vie et de mort qui agitent les personnages.

 

Il faut répondre à cette énergie colorée et noire par une mise en scène changeante, offrant une diversité dans les images, les costumes et les styles de jeu. Retrouver Philippe Jaroussky quinze ans après notre collaboration dans Il San’Alessio où il interprétait le rôle-titre est pour moi une occasion de synthèse entre l’approche baroque et les traitements plus directement contemporains que j’ai pu explorer sur de nombreuses œuvres du seicento.

J’imagine un mythe d’Orphée d’aujourd’hui, mais avec de nombreuses incursions dans les profondeurs du temps qu’inspire le lieu du récit mythologique. La Thrace est une région de la péninsule balkanique partagée de nos jours entre la Bulgarie, la Grèce et la Turquie, entourée de la mer Egée, de la mer de Marmara te de la mer Noire, aux limites de l’Europe et de l’Asie mineure. Notre Orfeo se passerait dans un lieu réaliste mais fragmentaire, vestige du passé : un vieil institut abandonné, une université ou un hôpital qui serait le palais d’Orphée et ce qu’il reste de ses jardins. Les murs clairs sont frappés de soleil ou s’emplissent des ombres des personnages et des plantes. Des costumes simples, évoquant notre époque, côtoient des costumes très colorés, graphiques, inspirés de folklores réels et de références mythologiques. Ils se détachent des murs clairs dans des compositions rappelant les imageries populaires.

Leur aspect merveilleux se teinte de fantastique : les personnages sont des apparitions surprenantes les uns pour les autres nés des fantasmes qu’ils suscitent, et dont le costume est l’aura. Ces êtres se croisent et se désirent depuis leurs folies et leurs mondes séparés, mondes dont les frontières mentales prennent la forme d’une vitre salie, d’un promontoire ouvrant un théâtre dans le théâtre, d’une alcôve servant de refuge pour l’amour ou la plainte. Parfois stylisé et s’inspirant de la gestuelle baroque et de la danse, parfois naturaliste, le jeu est libre, très corporel, et rend compte de la subtilité du parcours des passions et des pensées des personnages. Nous voulons entraîner le spectateur dans le jardin de la folie d’Orphée, dans le tourbillon de ces espaces intermédiaires qu’ouvre cette œuvre entre le passé et le présent, entre la veille et le sommeil, entre la vie et la mort où Orphée et Eurydice ne cessent de se chercher et de se perdre éternellement.

Dates