Le mythe à l’aune des réseaux sociaux

J’ai imaginé des procédés 
de composition 
qui nous permettent de naviguer 
du monde de tous les jours 
au monde virtuel, 
ainsi que d’en rendre floues les frontières.

Josephine Stephenson

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Ce Narcisse est un opéra conçu pour le public adolescent et adulte, sur le thème de la construction de l’identité et de l’image de soi, face au groupe, à l’ère numérique.

Distribution

Musique Joséphine Stephenson Texte et mise en scène Marion Pellissier Scénographie et costumes Anne-Sophie Grac Lumières Jason Razoux Vidéos Nicolas Doremus et Jason Razoux Son Jonathan Lefèvre-Reich Collaboration artistique Thierry Jolivet Assistante à la mise en scène Marie Vires Chef de chant Emmanuel Olivier Maquillages Elisa Provin

Avec les chanteur·euse·s
Benoît Rameau Narcisse
Apolline Raï-Westphal Chloé

Et les instrumentistes
Emmanuel Olivier claviers
Juliette Herbet saxophones et contrebasse

Action artistique

Ce spectacle qui revisite le mythe de Narcisse à l’aune des réseaux sociaux, ouvre le sujet du regard : du regard sur soi à l’époque des selfies et du regard du groupe sur l’autre.

Des ateliers sur le thème de l’auto-portrait

Dans le spectacle, où la vidéo est l’expression du virtuel, les actions artistiques s’articulent autour d’ateliers d’auto-portrait (littéraires, plastiques et vidéo), de stages de réalisation vidéo, qui peuvent se tenir, avant et après la représentation.

Un prologue participatif – 10 mn

Commandé spécialement par l’Arcal pour voix d’enfants, la partition du prologue écrit par Marion Pellissier et composé parJoséphine Stephenson, permet aux élèves de chœurs de conservatoire, ou classe Cham, avec leur professeur, de se produire en première partie de la représentation.

Fiche technique

Durée 1h
Public adolescents et tout public.
Scolaires CM avec préparation, collèges, lycées.
2 représentations possibles/jour
Technique opéra sans fosse, 9 personnes en tournée • Installation J-1, démontage le soir-même

Production

Production Arcal
Coproduction Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, scène nationale.
Soutien Région Île-de-France, Fonds de création lyrique (FCL), La SPEDIDAM (La Spedidam est une société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes interprètes en matière d’enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées).

photographie / vidéo

Epreuves et métamorphoses

Par Catherine Kollen, directrice de l’arcal

Ce Narcisse commandé par l’Arcal est un opéra de notre temps pour tout public sur la construction de son identité et le rapport à l’image, à soi et au groupe : une problématique contemporaine qui concerne autant les jeunes que les adultes confrontés à de nouvelles « épreuves et métamorphoses » dans notre société  numérique.

L’argument

Dans son passage à l’âge adulte, Narcisse est exposé au succès à travers les médias, les réseaux sociaux. 

Dans sa solitude, le jeune homme se parle à lui-même, partagé entre le souci permanent d’être à la hauteur de la perfection de son double social et l’isolement dans lequel cet avatar le plonge.

Sur son chemin, Narcisse rencontre Chloé dont le chant semble être sans cesse une ritournelle des incertitudes de Narcisse, de son envie soudaine de disparaître.

Narcisse ne sait pas qu’il meurt.
Plus tard, Il sera pleinement lui même. Exaucé. (Chloé)

Deux réalités

par Joséphine Stephenson

Notre spectacle met en jeu deux réalités : celle du monde de tous les jours, et celle du monde virtuel. 

La musique, qui agit au-delà du langage, est l’outil précieux dans la création et la définition de ces deux mondes, et des dichotomies qui abondent dans l’histoire de manière générale. Opposer la parole parlée à la parole chantée, la musique instrumentale à la musique vocale, la musique acoustique à la musique électronique, la musique pré-enregistrée à la musique live, ou encore la musique ‘pop’ à la musique ‘savante’, tant de procédés que j’imagine et qui nous permettent de naviguer d’un monde à l’autre, ainsi que d’en rendre floues les frontières.

Tout comme la vidéo sert la représentation virtuelle idéale de Narcisse, le dispositif musical comprend plusieurs effets électroniques capables de ‘sublimer’ le son : des effets de ‘reverb’ pour adoucir la voix et nous transporter dans d’autres espaces-temps, peut-être même l’effet ‘auto-tune’, l’équivalent musical de Photoshop qui permet d’effacer les fausses notes. La voix de Chloé quant à elle sert d’effets de delays (échos) ou même d’un ‘harmoniser’ pour prendre le rôle du chœur.

Tous ces effets ne remplacent cependant pas la substance musicale, que j’ai imaginé hybride, mêlant un style ‘pop’ poli avec un lyrisme opératique plus sombre et complexe, dans la lignée des opéras de Fausto Romitelli ou David Toop, tout en restant accessible à un jeune public. 

Au niveau thématique par ailleurs, deux opéras récents qui font l’utilisation de multimédia sont sans aucun doute des références : Le Jardin Englouti de Michel van der Aa et Two Boys de Nico Muhly.

La composition de la musique s’est faite main dans la main avec celle du texte, ainsi qu’avec celle de la dramaturgie, lors de travail au plateau avec les interprètes. De manière générale, la partition a été conçue pour ce projet comme un script plutôt qu’un texte rigide et normatif.

Narcisse, figure d’un idéal inaccessible

par Marion Pellissier

Le projet offre un regard sur la complexité de notre rapport social, en particulier à travers les outils médiatiques dont notre société dispose. 

Narcisse, figure de la beauté manifeste, de la beauté arrogante d’ingénuité, de celui qui est condamné à n’aimer personne, trop amoureux du reflet de sa perfection qu’il adule comme un autre, cet idéal inaccessible.

Narcisse emprunte quelques traits du personnage mythologique mais il est avant tout un jeune homme perdu dans sa quête de lui-même.

Dans son passage à l’âge adulte, Narcisse est exposé au succès à travers les médias, les réseaux sociaux. Pourtant dans sa solitude, le jeune homme se parle à lui-même, partagé entre le souci permanent d’être à la hauteur de la perfection de son double social et l’isolement dans lequel cet avatar le plonge.

Son double est finalement celui qu’il aimerait tant être, celui vers lequel se concentre tout son amour, l’aveuglant du réel, lui faisant passer chaque être authentique pour une version bon marché de l’humain, le condamnant à séduire et n’être séduit que par l’artifice.

Sur son chemin, Narcisse rencontre Chloé, qui à l’instar du personnage mythologique Echo, sera la voix de la répétition, condamnée à ne pas avoir de parole propre. Mais Chloé n’est pas dépourvue de sentiment, au contraire, elle entrevoit la solitude de Narcisse et les dangers auxquels il s’expose. Elle choisit alors de l’encourager à s’engager sur le chemin de l’anonymat, du lâcher-prise, un chemin où se fondre dans la masse est une douce consolation à l’hystérie du monde. Mais tel un écho, elle ne reflétera que les doutes qu’il a déjà en lui-même.

Narcisse fait donc face à un double miroir, d’un côté le miroir social de son avatar pop et attrayant, de l’autre le miroir que lui tend Chloé méfiante et craintive, miroir de ses fragilités et de son ridicule.

Les personnages ne sont pas encore adultes, ils traversent un début d’existence avec une série d’avatars d’eux-mêmes qui symbolisent leurs désirs et leurs échecs sociaux.

Un écran est le support principal du Narcisse virtuel, celui du simulacre. La vidéo nous montrera alors comment Narcisse modèle son image, pouvant modifier au contact de sa main, des éléments de son soi médiatique, un détail de son visage, une mèche de cheveux, comme on modèle une couverture de magazine sur photoshop avant de l’envoyer pour validation.

Il ne s’agit pas de porter un jugement sur une société d’images et de représentations. 

Chacun, dans sa quête d’identité, s’expose plus ou moins à la communauté des siens pour expérimenter un soi possible. En confrontant une image de soi aux autres, on apprend à se définir, à définir ce que nous semblons être et ce que nous voulons être. Les outils numériques amplifient cette mise à l’épreuve de l’individu qui cherche sa place dans la société.

Jeu. 28 mar.
14:30 (représentation scolaire)

Opéra de Rennes / Rennes

Représentation

Ven. 29 mar.
14:30 (représentation scolaire)

Opéra de Rennes / Rennes

Représentation

Ven. 29 mar.
20:00 (représentation tout public)

Opéra de Rennes / Rennes

Représentation

Historique des représentations

Jeu. 6 jan. 2022
14:30 (représentation scolaire)
20:00 (représentation tout public)

Théâtre Madeleine Renaud / Taverny

Représentation

Ven. 18 mar. 2022
10:00 (représentation scolaire)
14:30 (représentation scolaire)

Espace André Malraux / Sarcelles

Représentation

Mar. 22 mar. 2022
20:00 (dans le cadre d’une programmation du Festival Les Détours de Babel)

Hexagone, Scène nationale / Meylan

Représentation

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